La liturgie réformée

Dans un article précédent, je laissais la parole à Kevin DeYoung pour vous expliquer l’intérêt de réfléchir à l’organisation du culte afin de le conformer à ce que dit Dieu dans sa Parole.

Kevin DeYoung nous appelle à considérer notre liturgie et à la comparer à la liturgie réformée historique dont il nomme les éléments les plus importants. Oui mais, beaucoup d’évangéliques ne connaissent pas (plus !) cette liturgie ! Le but de ce blog est en partie de la faire redécouvrir, et c’est ce que j’aimerai commencer à faire dans cet article.

Premièrement, j’aimerai citer ici la confession de Westminster qui énonce les éléments qui doivent faire partie de notre culte au chapitre 21, paragraphe 5 :

5. Le culte religieux ordinaire de Dieu comprend (Mt 28.19; 1 Co 11.23-29; Ac 2.42): la lecture des Écritures faite dans la crainte de Dieu (Ac 15.21; Ap 1.3), une solide prédication (2 Tm 4.2) et l’écoute attentive de la Parole dans l’obéissance à Dieu, et avec intelligence, foi et respect (Jc 1.22; Ac 10.33; Mt 13.19; Hé 4.2; Es 66.2), le chant des psaumes avec la grâce dans le coeur (Col 3.16; Ep 5.19; Jc 5.13), comme aussi une juste administration des sacrements institués par Christ; à cela s’ajoutent les serments religieux (Dt 6.13 avec Né 10.29), les voeux (Es 19.21 avec Ec 5.4,5), les jeûnes solennels (Jl 2.12; Est 4.16; Mt 9.15; 1 Co 7.5) et les actions de grâce lors de circonstances particulières (Ps 107; Est 9.22), le tout devant être pratiqué, en temps voulu, de manière sainte et religieuse (Hé 12.28).

Étant donc à l’écoute de la Parole, la liturgie réformée a été traditionnellement organisée suivant ce schéma :

  1. Accueil. Le psaume 100 était alors souvent chanté, le pasteur ou celui qui présidait invite alors à louer, à disposer son coeur au culte.
  2. Rappel de la Loi. (Selon les liturgies cet élément se trouvait soit avant l’Aveu des fautes soit après  l’Annonce du pardon). La congrégation pouvait chanter les dix commandements et les exigences morales de Dieu étaient alors rappelées.
  3. Aveu des fautes. Ayant entendu la loi, les fidèles étaient exhortés à confesser leurs péchés personnels et un temps leur était donné pour qu’ils puissent prier devant Dieu. Celui qui préside priait aussi au nom de l’assemblée toute entière pour confesser les péchés de l’Église en tant que corps. Le psaume 51 est particulièrement approprié pour être chanté à cette occasion.
  4. Annonce du pardon. Celui qui préside rappelait les promesses de Dieu à l’assemblée, selon lesquelles le pardon de Dieu est assuré à ceux qui confessent avec foi leurs péchés. L’assemblée peut alors prendre un chant célébrant la grâce de Dieu et son pardon comme le psaume 32.
  5. Confession de foi. Le président ou l’assemblée toute entière lisait alors le Symbole des Apôtres ou le Credo de Nicée. Puis des chants confessant les grandes vérités de la foi chrétienne pouvaient être entonnés.
  6. Sainte Cène. La Cène du Seigneur était célébrée et des chants sur le sujet étaient chantés.
  7. Exhortation et bénédiction. Le service était conclu par une exhortation du président et d’un chant proclamant la bénédiction de Dieu.

Le service comprenait aussi une lecture de sections de la Parole de Dieu, un sermon, un moment où l’Église récolte les dons des fidèles, une doxologie souvent placée à la fin d’un psaume (une doxologie est simplement un chant célébrant la gloire de Dieu), des moments de prière du peuple, des prières pour les autorités et, à l’occasion, un baptême, un jeûne, une reconnaissance particulière.

En lisant cela, certains seront gênés, cela sonne « catho » aux oreilles de plusieurs évangéliques. Mais il n’y a rien de plus protestant que cette liturgie. En effet, elle se base sur l’Ecriture pour chacune de ses étapes et reproduit le message de l’Evangile.

En effet, en annonçant la Loi, confessant les fautes puis annonçant le pardon, cette liturgie reproduit le schéma de l’Evangile et d’Esaie 6 : le pécheur se rend compte de son péché face à la Loi de Dieu, le confesse puis s’assure dans le pardon de Dieu. Il peut alors confesser sa foi et célébrer la mort de Christ par la Cène.

Ce rythme du culte, basé sur l’Evangile, a l’avantage d’instruire en même temps les enfants. En effet, ceux-ci ne retiendront pas nécessairement ce qu’il sera dit pendant le culte, mais si tous les dimanches ils savent que l’on nous rappelle la Loi de Dieu, que l’on confesse nos péchés et que l’on croit en son pardon, ils seront ainsi enseigné pour ce qui est des bases de l’Evangile auquel les adultes aussi doivent toujours revenir.

Mais pourquoi lire ou « réciter » un Credo ? Aie, c’est là que les oreilles évangéliques se mettent en alerte. « Réciter », n’est-ce pas du formalisme sans coeur ? Réfléchissons deux minutes : Quand nous chantons un chant, ne sommes-nous pas en train de réciter ce qu’un autre a écrit ? Nous sommes prêt à réciter dès qu’il y a une mélodie, mais si on l’ôte, ça devient un sacrilège !

Au contraire, lire une confession de foi tous les dimanches a de nombreux avantages :

  1. Elle permet à l’assemblée de se remémorer les vérités centrales de sa foi.
  2. Elle permet encore aux enfants, par la répétition, d’apprendre ces vérités.
  3. Elle permet à l’assemblée de se rendre compte que sa foi est historique, qu’ils ont la même foi que les chrétiens du 3ème ou 4ème siècles qui ont écrit cette confession.
  4. Elle permet au visiteur de savoir rapidement ce que croient les chrétiens.
  5. Cela rend le culte participatif. Au lien de simplement écouter celui qui est devant et de se réveiller pendant les chants, le croyant est appelé à déclarer, avec ses frères et soeurs, sa foi.

Dieu n’accorde dans sa Parole aucune vertu particulière à ce qui serait spontané en opposition à ce qui serait préparé. Dieu accorde de la valeur à ce qui est fait avec le coeur. Et, bien des fois, ne sachant pas comment prier, j’ai trouvé que des prières dans les psaumes exprimaient mieux ce que j’avais sur le coeur que mes propres mots. Il ne faut donc pas se priver des Credos ni des prières écrites, qu’elles soient écrites par soi-même, par un autre ou chantées. L’important étant de le faire avec le coeur. Et ne nous trompons pas, il est possible de prier nos propres mots sans avoir le coeur bien disposé !

Conclusion

Je vous invite alors, si vous avez l’opportunité de diriger le culte dans votre Église, de réfléchir à ces choses et, si vous assister aux cultes de votre Église, de partager cela avec ceux qui dirigent le culte afin de les amener à la réflexion. Le but étant de rendre un culte à Dieu toujours plus conforme à sa Parole en le priant d’utiliser cela pour former des coeurs disposés à le louer !

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